Arnaqueur ou Sauveur ? Gérer la tension client en dépannage

Vous êtes arrivé en 20 minutes un dimanche soir, vous avez ouvert 5 minutes plus tard sans casser la porte. Pour le client, vous êtes un héros.
Au moment de faire le chèque de 150€, vous devenez soudain "un voleur qui profite de la situation".

C'est le paradoxe du serrurier : on vous appelle en urgence, mais on vous reproche le coût de l'urgence. Gérer cette tension fait partie intégrante du métier. Voici comment les pros s'en sortent.

1. Le devis signé AVANT de toucher la poignée

C'est la règle d'or, légale et vitale. Ne commencez jamais, jamais, sans un devis écrit et signé, même pour une ouverture à la radio à 80€.
Pourquoi ? Parce que le client en stress accepte tout oralement ("Oui oui faites vite !"), mais conteste tout rationnellement une fois le stress retombé ("Quoi ? 120€ pour passer un bout de plastique ?"). La signature ancre l'accord.

2. Expliquez le tarif "invisible"

Le client voit "5 minutes de travail". Il ne voit pas :

  • Le temps de trajet aller-retour (45 min)
  • Le véhicule, l'assurance décennale, l'outillage
  • L'expertise qui permet d'ouvrir en 5 min sans casser (au lieu de 2h en perçant tout)
  • L'astreinte du dimanche soir

Script : "Monsieur, vous ne payez pas 5 minutes. Vous payez 10 ans d'expérience qui permettent de sauver votre serrure à 300€ en 5 minutes. Si je perce, je mets 1h et vous rachetez tout. Ma rapidité vous fait économiser le matériel."

3. L'après-ouverture : la vente additionnelle sans forcer

Une fois la porte ouverte, le client est soulagé. C'est le moment de diagnostiquer l'état général sans faire peur.
Mauvais : "Ouh là là votre serrure est morte, faut tout changer sinon vous allez vous faire cambrioler ce soir !" (Technique d'arnaqueur, le client se braque).
Bon : "Je vous ai ouvert. La serrure fonctionne encore, mais je note qu'elle a du jeu et qu'elle n'est plus aux normes actuelles. Je vous laisse un devis gratuit pour son remplacement si vous souhaitez la sécuriser plus tard, sans urgence."
Résultat : le client vous rappelle 2 jours plus tard, à froid, parce qu'il a confiance.

4. Le syndic ou l'assurance : qui paie ?

Le client pense souvent que "mon assurance va payer". Attention danger.
Réalité : L'assurance rembourse souvent après, sur facture acquittée, et selon des plafonds. Ne jamais dire "l'assurance vous remboursera tout", vous n'en savez rien. Dites : "Voici la facture détaillée pour votre assurance, c'est à vous de voir avec eux selon votre contrat." Vous devez être payé sur place.

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